A la découverte de l’Isthme de Courlande

Cette flèche littorale s’étire sur 98km de long et 400 mètres à 3,8 km de large. Elle possède une riche histoire : elle a appartenu à l’empire allemand, puis à l’URSS et aujourd’hui elle est divisée entre une partie russe (rattachée à Kaliningrad) et une partie lituanienne. Depuis 2022, la frontière avec la Russie est fermée et strictement contrôlée, les promeneurs ne peuvent s’en approcher. Cette position, au carrefour de plusieurs pays, est encore visible puisque la plupart des panneaux sont traduits du lituanien en russe et en allemand.

Côté lituanien, on accède à l’isthme de Courlande par un ferry à Klaipėda. L’entrée est payante: en plus du ferry et selon votre moyen de transport, il faut compter autour de 50euros pour y accéder. C’est plus cher si on arrive en voiture, une réduction est possible pour les voitures électriques. En effet, la flèche littorale est en grande partie classée comme espace protégé, notamment la partie intégrée au parc national «  Kuršiu Nerija ». Souvent, l’arrêt en voiture et le bivouac ne sont pas autorisés et il faut s’arrêter sur des espaces dédiés.

©CRB, 2025

Cet espace naturel est essentiellement constitué de forêts de pins et de dunes (entre 30 et 60m de hauteur selon les endroits!). Sa constitution sableuse concentre une flore et une faune particulière, que l’on ne retrouve pas ailleurs en Lituanie. Cependant, ces paysages ne sont pas « naturels », puisqu’ils ont été majoritairement modelés par l’Homme. Les populations de pêcheurs installées ont pendant longtemps ramené des variétés d’arbres et de plantes permettant de fixer les dunes et de limiter l’ensablement des villages.

Les croix en bois rappellent les villages disparus, ©CRB, 2025

L’histoire de ces installations humaines, difficiles à cause du contexte géographique et climatique, est conservée dans les mémoires et des panneaux explicatifs montrent encore certains endroits, où des villages ont été ensevelis.

Les maisons traditionnelles, notamment dans la ville principale, Nida, possèdent une architecture particulière, patrimonialisée jusqu’à aujourd’hui. Cependant, rares sont les habitants qui y vivent maintenant toute l’année; la plupart des maisons sont transformées en résidences secondaires ou louées à des touristes.

Exemple de maisons en bois et décorations typiques, ©CRB, 2025

L’endroit est aussi une étape pour de nombreux oiseaux migrateurs, dont par exemple le cormoran qui est protégé sur l’isthme et que l’on peut facilement observer, mais dont la fiente, très corrosive, détruit les forêts de pins.

Arbres morts à cause de la présence d’une colonie de cormorans ©CRB, 2025

Du côté de la lagune, on peut observer le rivage lituanien et les installations portuaires de Klaipėda. Sur ce côté de l’isthme se concentrent les villages et surtout Nida. On y retrouve les restaurants et les hôtels, très appréciés des touristes venus des quatre coins de la Lituanie.

De l’autre côté se trouvent de grandes plages qui donnent sur la mer baltique où l’on peut se baigner (pour les moins frileux !).

Berges de l’isthme donnant sur la lagune (à gauche) et plage de la mer baltique (à droite), ©CRB, 2025

Anecdotes pour les Français :

A l’époque soviétique, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir sont passés à l’Isthme de Courlande ! Une statue près de Nida immortalise cette visite.

En 2018, le maire de Nida et l’ambassadeur de France en Lituanie ont inauguré un monument à la mémoire des prisonniers français qui étaient à Nida pendant la Première Guerre mondiale.

Recommandation : goûter le poisson fumé local ! A acheter de préférence le matin, quand il vient d’être préparé.

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